Un zeste d'estime

Moi ! Mais qui suis-je au fait ?

A force d’encaisser les affronts,
Les regards méprisants,
Les réflexions des gens,
Je ne sais plus qui je suis !
Mon corps de femme est blessé au plus profond de sa chair,
Non seulement il est roué de coups, de cicatrices,
D’ecchymoses,
Mais mon corps de femme est sali
Depuis que l’on m’a violée.
Je ne suis plus la même, je me cherche, j’ai peur des hommes,
De leur regard, de leur violence, de leur mépris face aux femmes.
Pourtant je suis innocente, je ne les ai pas provoqués de quelque manière que ce soit, ils ont un esprit pervers et malsain.
Lorsque j’ai voulu me débattre pour lui échapper,
Il m’ a tabassée et menacée !
J’ai peur dans la rue, je crains les agressions,
J’aimerais tant pouvoir me regarder dans une glace
Et me trouver belle, me sentir vivre à nouveau ;
Me réveiller un matin et me dire que ce n’était qu’un cauchemar, mais hélas les cicatrices morales et physiques sont là comme une trace indélébile
Malgré cela, je veux réapprendre à vivre et à avoir du courage pour affronter mon avenir.
Car je dois continuer à vivre et essayer de témoigner pour que cela n’arrive plus jamais.
Déposer plainte pour qu’il soit jugé, ça peut soulager un peu si la justice fait son travail et que cela aboutit.
Mais il faut beaucoup de courage et de volonté pour pouvoir affronter cet individu.
C’est aussi une manière d’extérioriser ma souffrance,
Ma haine envers l’homme qui m’a fait subir ces choses atroces et a détruit ma vie.
Des fois, même certaines de mes amies violées pensent au suicide mais moi je ne veux pas en arriver là.
Je dois réapprendre à aimer mon corps de femme tel qu’il est maintenant, faire avec malgré tout et ce n’est pas toujours évident, je fais souvent ce même cauchemar et me réveille
En sursaut.
Je veux réapprendre à aimer et être aimée.

Karin Bastin

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