Un zeste d'estime

Dansons

Le paysage expire sous tes soleils bleus
tes bleus soleils d’enfant dans nos prairies des soirs
toi à moi confiée confiante et légère
comme une plume lourde quand tu t’ensommeilles
et moi
lourde de toi
comme je vis
comme je vis…

Ce matin j’ai chaussé mes plus grosses bottines
et mes plus noires rognes
croirais-tu que c’est drôle une grand-mère cabossée
qui shoote dans une vieille boîte et l’expédie loin
au plus loin de ta vie
sur la sombre folie de ce monde abruti

Mais dansons ma tant belle pieds nus tes soleils bleus
dansons jusqu’à plus soif
avant que mes jambes deviennent fautives
et que mes bras ne sachent plus t’encorbeller

Dansons tes soleils bleus qui squattent ma mémoire

Quelquefois je ne sais que te dire aujourd’hui
lorsque pour le poutou sur ma joue tu te penches
tes yeux rient de tant de lumière
de soleils
de couleurs
qui ne me savent plus…

Marie-Claire Philippe

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