Un zeste d'estime

« Cent familles » ou l’histoire de sept femmes

C’est une belle histoire. Une histoire, si on peut dire du quotidien, faite de rencontres des autres et de soi, de conflits, de dépassement, de tolérance, d’écoute. Une histoire qui finit bien. Une histoire vraie.

Une histoire qui commence…

Septembre 2003, en région de Marche, l’équipe ACRF soulève l’idée de réfléchir de façon différente sur le thème de la famille. Pourquoi ne pas utiliser la technique du théâtre ? Et voilà l’idée est lancée… Pendant près d’un an, sept femmes se retrouvent pour réaliser ensemble une création à partir de leurs souvenirs et de leur vécu en famille.
Très vite, le projet reçoit le soutien du « Contrat de pays » et du « Miroir vagabond » qui met à la disposition du groupe deux animatrices en technique théâtrale. Pour débuter, il ne reste plus qu’à chercher des femmes (et uniquement des femmes !) qui veulent se lancer dans l’aventure. Pas évident ! Il y a tellement de bonnes raisons de renoncer : « du théâtre ? c’est pas pour moi ! ». « je suis trop occupée ! » « je suis trop vieille ! » « je n’ai plus de mémoire ! » « je n’en suis pas capable » « je ne saurai jamais le faire » « j’ai bien trop peur de parler devant les gens », etc
Finalement, cinq femmes se sont lancées dans l’aventure. Et je pense qu’elles vous diront toutes que l’expérience est à tenter. Cela leur a permit de se dépasser, de découvrir et de retrouver des capacités qu’elles avaient en elles.
Maintenant, est-il possible de faire une pièce avec cinq femmes ? N’est-ce pas un trop petit groupe? Eh bien, non ! Au contraire, toutes se sont senties davantage impliquées car chacune était responsable pour les autres et pour le groupe.

Le Miroir vagabond est une asbl qui organise pour le moment une formation pilote de comédien animateur. Elle est chargée de la mise en œuvre du Contrat de pays sur les communes de La Roche, Rendeux, Hotton, Gouvy, Houffalize, Vielsalm. Ce Contrat de Pays vise la mise en place de projets socioculturels qui contribuent au développement régional.

Une histoire qui s’écrit…

La famille : il y a bien des choses à en dire. Mère, fille, épouse, sœur, belle-sœur : voilà bien beaucoup de relations différentes. Par où commencer ? Et si on feuilletait nos albums de famille ? Que de souvenirs !
Petit à petit, le spectacle se crée, ou plutôt des petits bouts d’histoire qu’il faut encore assembler, peaufiner ou éliminer. Le fil conducteur est trouvé. La pièce retrace les principales étapes que traversent les familles : la naissance, l’enfance, l’adolescence, les rencontres, le mariage, la mort.
Les moments d’improvisation, d’écriture et de débat se suivent.
A l’approche de l’échéance, arrive le découragement, le stress ou l’impatience : « A-t-on fait le bon choix ? » « On n’a pas parlé du divorce, ni de la retraite, ni du travail, ni… ! » « Le public va-t-il comprendre ceci ? Va-t-il rire à cela ? » « On n’y arrivera pas ! » « On n’a pas de régisseur ! Que va-t-on faire ? »
Une huitième comparse se mêle au groupe pour jouer un rôle un peu particulier, mais important pour boucler la pièce. Un voisin prête son matériel et son temps pour nous aider techniquement. Un régisseur est trouvé en dernière minute. Le groupe s’étoffe.

Une histoire qui se joue…

Le jour de la première arrive ! Nous sommes dans une salle que ne connaissons pas. Une vingtaine de spectateur ont fait le déplacement. C’est pas beaucoup, mais enfin, nous ne sommes pas des vedettes. Allez, tout le monde à son poste ! Comment cela va-t-il se passer ?
Après une heure et quart de scène, nous tirons notre révérence. Que le temps passe vite. Le public a été touché par la pièce : les textes, le jeu, la mise en scène. L’émotion était au rendez-vous.
Une semaine plus tard, le spectacle est rejoué « à domicile », devant une église comble. 250 personnes sont là. En coulisse, on prend un petit remontant ensemble. Ca fait du bien ! Les lumières s’éteignent. On commence. Le public répond. C’est magique et ça nous donne une énergie incroyable.

Une histoire qui se transporte…

Cette histoire de femmes comme vous, comme moi, qui ont "juste" oser sauter le pas, elle ne se termine pas, elle peut se transporter ailleurs.
Lorsqu'on entend l'enthousiasme des spectateurs, on se dit que ça vaut la peine, que moi aussi… peut-être… si j'osais…
Car pour monter sur les planches et faire vibrer le public, il n'est pas nécessaire d'avoir un physique hors du commun ou des études théâtrales derrière soi, mais un peu d'audace et de plaisir à travailler en équipe. Alors, pourquoi pas vous ?

Carine Collard

Si vous désirez accueillir la représentation « Cent familles » que ce soit dans le cadre d’une manifestation particulière ou au sein d’un événement sur le thème de la famille, de la femme ou de la vie, nous sommes prêtes à la rejouer ! Vous pouvez nous contacter au 084/34 53 10 pour tout renseignement.

Quelques commentaires…

« Je suis venu voir la pièce (…)Je n’ai pas été déçu. A mes yeux, leurs propos reflètent bien la réalité. (…) Plus d’un spectateur se sera reconnu ou s’est rappelé avoir déjà vécu ces scènes. »

José, spectateur

« Notre atelier a été la fabuleuse histoire de sept femmes qui se rencontrent. Tous les mardis nous nous retrouvions pour, au début, faire des exercices de théâtre et ensuite des improvisations.
L’élaboration de la pièce « Cent Famille » a été une riche expérience à laquelle chaque participante est certainement sortie grandie. »

Patricia, participante

Chère « Cent familles »,

Sais-tu que je te trouve jolie, marrante aussi et même un peu émouvante ? J’étais acquis à ta cause et pourtant tu m’as surpris, tu m’as conquis même, grâce à ta simplicité, ta fraîcheur, ton enthousiasme et ton humour.

Ta gestation fut un mystère presque jalousement gardé. Ces femmes voulaient te faire toutes seules !

Sais-tu que tu m’as fais peur une demi-seconde avec le coup de la mort ? Tu es farceuse même si un peu classique, conventionnelle et trop gentille. Tu as caché ton impertinence, ta hargne, ta souffrance, ta révolte. Tu as voulu plaire et tu as réussi. Tes échanges sont savoureux, garde ton rythme (…) et surprend nous qu’on rigole encore.

Tu es une belle pièce (si j’ose dire bien roulée) qui a de la valeur : richesse intérieure et douceur de celles qui t’ont créée.
De plus, qui ne se reconnaîtrait pas en toi ? Tu es le beau bébé de ces dames !

Bonne continuation et au plaisir de te revoir !

André, mari d’une participante

« D'avant la naissance au grand départ de la mort, la vision d'un groupe de femmes sur la vie qui passe…
Chaque tableau est traité sur un mode différent: grave, humoristique, tendre, avec des chants et de la danse, une chorégraphie soignée, l'utilisation exceptionnelle des décors et de très beaux textes choisis.
Quelques accessoires, et on passe de la salle d'accouchement aux premières sorties, aux réunions de familles,… comme la vie.
De ce spectacle, je garderai des images en demi-teintes, pleines de couleurs et d'émotions, toujours avec le clin d'œil et la tendresse d'un sourire.
A voir! »

Stéphanie, spectatrice